Voilà. On en a marre ! Après deux ans, notre « nouveau » collectif s'essouffle à son tour. Il faut dire qu'éplucher quotidiennement l'actualité évènementielle de plus de 200 collectifs et associations bruxelloises, c'est épuisant. Nous sommes, tout de même, content·e·s de l'avoir fait. Car, par d'autres aspects, ce fut, pour nous, une belle manière de nous connecter au réseau militant et culturel et d'apporter notre concours à la dynamique associative.

Mais aujourd'hui, nous ressentons le besoin d'agir autrement, un poil plus loin des écrans, si possible. Parce que, oui, Démosphère, c'est plusieurs heures par semaine d'encodage, de remise en page et de réponses aux mails. Et c'est chiant ! Plus encore, pour des bénévoles auto-exploité·e·s. Pour être honnêtes, ce n'était pas beaucoup plus pénible que quantité de « bullshit jobs » idiots et inutiles que nous avons exercés par ailleurs. Mais maintenant que nous sommes occupé·e·s par des boulots plus intéressants ou au chômage, vous comprendrez que nous n'avons plus, ni le temps, ni la motivation pour ce travail routinier et administratif.

Ce taf, on ne l'a jamais vraiment imaginé à très long terme. L'idée était que l'alimentation du site devienne plus collaborative, que la tâche repose moins, voire plus du tout, sur notre petite équipe. Mais au bout de deux ans, nous observons peu d'évolutions à cette situation. D'une part, peu d'organisateur·trices d'évènements ont pris le pli de contribuer régulièrement à l'agenda - et à vrai dire, nous constatons et regrettons que leurs sites web sont de plus en plus délaissés. Ces derniers temps, Démosphère redirigeait quasi systématiquement vers Facebook, fait qui a accentué notre démotivation. D'autre part, le logiciel derrière Démosphère ne répond que partiellement aux besoins d'un outil facilitant l'auto-gestion.

La tête dans l'encodage, nous ne nous sommes pas donnés l'occasion de lancer de nouveaux chantiers, comme la promotion de l'outil. Un peu de communication ponctuelle aurait pourtant freiné la lente diminution de la fréquentation du site, observée ces derniers mois. Ceci aurait sans doute contribué à donner un peu plus de sens à notre travail.

Mobilizon, le nouveau projet de Framasoft, pourrait, espérons-le, prendre la relève. En parallèle, soulignons que de nombreux autres acteurs continuent leurs diffusions : Indymedia Bxl, ZinTV, IEB, etc. Voir une liste plus complète.

Malgré tout, on le répète, on l'aimait bien ce projet chiant. Et nous trouverions dommage que ces dix ans d'archives de l'histoire militante bruxelloise disparaissent. Alors si pour vous, cet agenda alternatif a encore du sens et que vous souhaiteriez le relancer et reconstruire un collectif, contactez-nous ! On vous laissera les clés.

Bisous,
Elsa et Ben.